Matthew Gregory Lewis - Le moine
Edition : Babel n°214
Pages : 465
Date : 1796
ISBN : 978-2-7427-2717-9
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Quatrième de couverture
"De moment en moment, la passion du moine devenait plus ardente, et la terreur d'Antonia plus intense. Elle lutta pour se dégager; ses efforts furent sans succès et, voyant Ambrosio s'enhardir de plus en plus, elle appela au secours à grands cris. L'aspect du caveau, la pâle lueur de la lampe, et les objets funèbres que ses yeux rencontraient de toute part, étaient peu faits pour lui inspirer les sentiments qui agitaient le prieur; ses caresses même l'épouvantait par leur fureur : cet effroi au contraire, cette répugnance manifeste, cette résistance incessante, ne faisaient qu'enflammer les désirs du moine, et prêter de nouvelles forces à sa brutalité."
Pour mettre en scène le combat d'une sainteté qui se défend contre les puissances des ténèbres, Matthew G. Lewis déploie, avec un art consommé de la gradation dans l'horrible, une multitudes de récits d'une audace et d'une cruauté rares.
Mon avis
Bien que l'été ne soit pas encore achevé, le temps actuel n'y ressemble guère et paraît prendre de l'avance sur le calendrier. Pour échapper à la grisaille, j'ai décidé de m'envoler vers le sud, au coeur de l'Espagne : Madrid !
Hélas, en dépit de la chaleur qui règne dans la région, je n'ai vu que les cachots les plus lugubres, les endroits les plus inquiétants, remplis de voleurs et autres personnes mal intentionnées...
Et qui sont les infortunées qui tombent aux mains des personnages les plus diaboliques ? Les jeunes Agnès et Antonia, aussi belles qu'ignorantes du monde qui les entoure.
On savait la société hypocrite et rongée par le vice mais qu'en est-il du couvent ? Malheureusement, parmi les dévots pieux et sincères se cachent des âmes perfides. Ainsi en est-il de l'abbesse de Sainte-Claire et du capucin Ambrosio : l'une est féroce et cruelle tandis que l'autre, par sa lubricité accumule les crimes plus énormes dont je laisse la découverte aux lecteurs. Déjà, le résumé ci-dessus en donne une bonne idée.
Multiplicité des récits, des intrigues, le tout saupoudré de surnaturel - nonne sanglante, invocations démoniaques, Juif Errant - voilà qui m'assure une lecture des plus passionnantes. Comme la première fois, j'ai éprouvé peur et pitié pour les pauvres victimes et aversion pour leurs persécuteurs.
Considéré comme le grand chef-d'oeuvre du roman gothique (ex aequo avec Les Mystères d'Udolphe), Le moine est juste incontournable ! J'insiste sur sa lecture puisqu'il fait partie de mon top 5 de mes livres favoris.