Ann Radcliffe - Les mystères d'Udolphe ♥
Edition : Folio Classiques – N°3493 – 905 pages 
ISBN : 978-2-07-040377-7
Date : 1794
Quatrième de couverture
Ann Radcliffe publie en 1794 The Mysteries of Udolpho. Les romantiques anglais, et les Victoriens, lui ont voué un culte. En France, Balzac, Hugo, Nodier, Féval, Sue, se souvinrent d’elle. On ignore ce qui a pu pousser cette petite bourgeoise à la vie ordinaire à raconter des histoires terrifiantes, qu’on appelle « gothiques » en Angleterre et « noires » en France parce qu’elles cherchent à provoquer la crainte chez les lecteurs.
Emilie explore le château mystérieux, chandelle à la main, à minuit. La menace (surnaturelle ?) est partout présente. Les séquestrations, les tortures ne sont pas loin. Quel est le dessein de maître des lieux ? Quels sentiments éprouvent la jeune fille pour son tuteur et geôlier ? Qui épousera-t-elle, après cette quête de soi à travers les corridors du château, qui ressemblent à ceux de l’inconscient ? Ce n’est pas pour rien qu’un chapitre porte en épigraphe ces mots de Shakespeare : « je pourrais te dire une histoire dont le moindre mot te déchirerait le cœur ».
Avis
Disons-le tout de suite : j’ai été plutôt ravie de ce gros morceau de quelques 800 pages. Le livre est coupé en quatre tomes ; le premier tome est assez larmoyant. Certes, je ne demanderai pas à Emilie d’être gaie comme un pinson alors qu’elle perd successivement les membres de sa famille, mais trop, c’est trop.
Avant ces douloureuses pertes, on découvre la famille St Aubert, vivant en Gascogne, avec une mère très douce et un père au caractère mélancolique dont a hérité notre vertueuse héroïne. On soupçonne un passé assez mystérieux à ce père, mais dès les premières pages, on sent qu’un tas d’énigmes va se présenter au fil de la lecture.
Ainsi le roman commence dans une ambiance charmante mais à la perte de sa famille, les malheurs vont s’abattre sur l’infortunée Emilie, figure romantique s’il en est.
Orpheline, elle est recueillie par sa tante qui la traite odieusement en refusant que son amoureux (rencontré lors d’un voyage) puisse l’épouser. C’est la tante qui se remariera avec un homme assez inquiétant. Ce Montoni les emmènera loin de tout dans un château perdu dans les Apennins : le fameux château d’Udolphe. C’est ici, dans ce second tome que l’intrigue devient réellement enthousiasmante. On découvre la vraie personnalité du maître des lieux, qui est un vrai tortionnaire mais surtout le lieu est imprégné de mystères, de secrets passés et de superstition.
Radcliffe s’y entend pour peindre des paysages, des atmosphères et des ambiances tantôt doux et mélancoliques, tantôt sombres et inquiétants.
La musique est aussi très présente. Belle, qualifiée de « céleste » même, elle dispose à la rêverie et la mélancolie. Elle a aussi un caractère énigmatique car on ignore qui joue et chante en pleine nuit…
J’aurais aimé connaître en même temps qu’Emilie ce qu’elle découvre, tels les mots lus dans les lettres de son père ou ce qu’elle voit avec horreur sous un voile noir.
Mais il y a encore beaucoup d’autres questions qui me sont venues au cours de la lecture : Qui est la marquise de Villeroi que St Aubert a bien connu ? Qu’est devenue la signora Laurentini ? Quelle est cette voix qui se fait écho du terrible Montoni ?...
Un roman passionnant, assez long certes, mais qui ne lasse pas. C’est avec plaisir que j’ai « frissonné » en suivant les nombreuses mésaventures d’Emilie.
Note