Marcel Aymé - La Vouivre
Edition : Folio n°167
Pages : 244
Date : 1945
ISBN : 978-2-07-036167-0
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Quatrième de couverture
Derrière la vipère apparut une fille jeune, d'un corps robuste, d'une démarche fière. Vêtue d'une robe de lin blanc arrêtée au bas du genou, elle allait pieds nus et bras nus, la taille cambrée, à grands pas. Son profil bronzé avait un relief et une beauté un peu mâles. Sur ses cheveux très noirs relevés en couronne, était posée une double torsade en argent, figurant un mince serpent dont la tête, dressée, tenait en sa mâchoire une grosse pierre ovale, d'un rouge limpide. D'après les portraits qu'on lui en avait tracés et qu'il avait crus jusqu'alors de fantaisie, Arsène reconnut la Vouivre.
Mon avis
Quiconque tente de s'emparer de son rubis se voit dévorer par les vipères. Pourtant, Arsène Muselier est le seul qui ne s'intéresse pas à la pierre précieuse, mais plutôt à sa propriétaire. Il n'est guère surpris de découvrir la Vouivre nager nue dans les étangs, et se retrouve souvent en sa compagnie. Le reste du village ne s'en émeut pas beaucoup du reste, mis à part peut-être le curé et le maire qui en font un sujet de discorde, le représentant de Vaux-le-Dévers se voulant anticlérical.
En dépit du surnaturel qui apparaît avec la figure de la Vouivre, c'est plus un tableau de la vie d'un village franc comtois au début du siècle dernier (ou la moitié) qui nous est donné par l'auteur.
J'ai eu du mal à m'attacher à Arsène qui semble si sec, si insensible, lui qui ne pense qu'au travail et au gain. Autour de lui gravitent trois femmes : Belette, la petite servante qui l'aime, la jolie Juliette Mindeur (dont la famille a une inimitié héréditaire avec les Muselier) et Rose Voiturier qu'Arsène préfèrerait épouser pour servir ses ambitions de paysan.
Même s'il s'agit d'un drame, d'autres personnages sont assez drôles comme Requiem qui transforme son ancienne compagne ivrogne en princesse, la grande Mindeur, espèce de machine à travail et de machine sexuelle, ou comme j'en parlais plus haut, le curé et le maire.
Bon, ce n'est pas le genre d'histoire qui m'emballe, mais c'est pas mal au bout du compte et puis j'ai découvert le mythe de la Vouivre (je connaissais de nom mais c'était tout) qui elle m'a beaucoup intéressée.