Léon Tolstoï - La guerre et la paix
Edition : Folio classique n°287 et n°288
Pages : 957 et 988 -> 1945
Date : 1869
ISBN : 978-2-07-042517-4
978-2-07-042518-1
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Mon avis
Ouf ! Enfin fini et à temps en plus ! Il est vrai que face à cette oeuvre volumineuse à la densité exceptionnelle, j'ai ressenti quelques appréhensions. Un style lourd, une histoire compliquée, des digressions sans fins...
Mais non, le livre est lisible, assez compréhensible même si parfois les patronymes changent (les prénoms possèdent beaucoup de diminutifs) et en plus l'histoire est entraînante.
Par contre, l'auteur prend parfois la parole pour des considérations historiques ce qui casse le rythme. Et je ne parle pas de la seconde partie de l'épilogue où j'ai eu droit à une véritable dissertation philosophique sur le sujet... que j'ai un peu esquivé, je l'avoue
.
Je n'ai pas noté le résumé puisque ce ne sont que des extraits assez peu explicatifs, mais il faut dire que c'est plutôt long à raconter. Disons que l'on suit le destin d'une dizaine de personnages principaux (sans compter les secondaires) pendant les guerres napoléoniennes, de 1805 à 1820 environ.
Côté paix, on côtoie l'aristocratie russe qui se partage entre Moscou, Pétersbourg ou la campagne. On assiste à de nombreux bals, aux jeunes amours, aux discussions politiques dans les salons de ces dames, aux projets de mariages, aux petits complots, etc... Bref une véritable plongée dans la société à l'époque d'Alexandre 1er.
Côté guerre, on navigue entre les hautes sphères où se décident toutes les stratégies, et les soldats qui sont prêts à tout pour plaire à leur empereur. L'auteur se permet même de les faire intervenir : Napoléon et Alexandre s'expriment devant nous ainsi que d'autres grands personnages. Le premier est sévèrement jugé par Tolstoï, qui ne le considère pas du tout comme ce génial stratège qu'on a tant admiré. C'est vrai qu'il a réussi à prendre Moscou, la ville si chère aux Russes, mais ensuite sa campagne s'est terminée dans la plus grande confusion. C'est surtout ici qu'il se met à expliquer son point de vue sur l'histoire : ça peut-être intéressant mais je n'ai pas été tellement passionnée...
Quant aux batailles, je craignais de ne pas aimer du tout mais finalement ça m'a bien plu.
Parmi les personnages qui évoluent tout au long de cette fresque historique, on fréquente principalement les Rostov, les Bolkonsky, les Kouraguine et Pierre Bézoukhov. Ce dernier et le prince André Bolkonsky sont les deux personnages les plus fouillés, les plus intéressants car ce sont les seuls à tenter de chercher un sens, un but à leur vie quand les autres ne sont intéressés que par la fortune, la gloire et le plaisir.
Heureusement tout le monde évolue au fil des événements : Natacha Rostov m'est devenue sympathique sur la fin et la princesse Marie moins agaçante. Pour Nicolas, au contraire je l'ai quitté en l'appréciant moins, mais tout est affaire de goût. En tout cas, je les ai suivi avec plaisir dans leur cheminement jusqu'à une fin qui m'a l'air inachevée...
En conclusion, en surmontant mes craintes d'un ennui mortel à la lecture de ces 1900 pages et quelques, j'ai été happée dans le monde russe du 19e siècle entre le luxe et les plaisirs de l'aristocratie et les boucheries des champs de bataille. Même si les réflexions de l'auteur m'ont parfois coupée dans mon élan, je reste sur une opinion très positive de ce roman.
Et comme il est considéré comme un chef-d'oeuvre absolu, je ne peux que conseiller de le lire.
Lu en lecture commune après la proposition de A Girl From Earth (qui finalement s'est désistée) (mais, je ne t'en veux pas
); voir les billets de Keisha, Mango et Zarline.