Fiodor Dostoïevski - Le joueur
Edition : Librio N°155
Pages : 117
Date : 1867
ISBN : 978-2-290-33708-0
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Quatrième de couverture
Le jeu brûle tout. Il est la passion. Il est le rêve. L'enfer et la démesure. Le révélateur des abîmes de l'âme et l'ignoble concentré de la comédie bourgeoise. Il est l'argent !
Autour de ses tapis, le général déchu se fait l'esclave du marquis et attend le décès de la richissime Baboulika, sa tante. Hypothèques... Héritages... Intrigues... Corruption morale sur fond de bonnes manières. Qui donc résistera à ce tourbillon de folie ?
Dans ce désordre furieux, Alexis succombe à son tour au cancer du jeu. Le jeune précepteur veut séduire l'intraitable Pauline, belle-fille de son employeur. Il est pauvre et doit devenir riche. Il veut surprendre et se tuerait pour ça.
Sur Roulettenbourg, ville d'eau paisible, souffle le vent du gâchis. Une tempête frénétique emportant les derniers fétus d'une vieille eurpe en lambeaux...
Mon avis
Il y aurait une part d'autobiographie dans ce roman. Dostoïevski était un joueur et j'ai ressenti la fièvre de ceux pris au piège de la roulette. Notamment quand la tante dont on attendait la mort, débarque très bien portante. Le passage où elle se rend au casino avec Alexis pour apprendre à jouer est très fort. Je me suis vue attablée et attendre et espérer au fur et à mesure des mises, des gains et des pertes.
L'auteur a su restranscrire et faire partager les émotions, les emportements, les cris de joie et de désespoir.
Autoritaire et perspicace quant à sa famille, la vieille tante tombe dans le jeu au grand désespoir de ses descendants. Car tout le monde a besoin de son argent. Le général pour payer ses dettes au français de Grillet et plaire en même temps à Blanche, pour pouvoir s'y marier. Celle-ci n'attend en effet que la richesse du général pour pouvoir en profiter. Alexis, le personnage central, joue pour s'élever socialement et avoir une chance d'exister aux yeux d'une Pauline plus qu'insupportable. Si au début il devait jouer pour les autres, il se prend très vite au jeu (c'est le cas de le dire) et il devient sa passion.
Seul M.Astley est raisonnable et sait très bien où ce genre de vie mènera Alexis. Lui-même est lucide sur sa situation, il court après l'argent comme tous les autres, au risque de tomber dans la déchéance.
Un roman court, fort et prenant qui sait exprimer l'addiction au jeu. Cette première rencontre avec l'auteur me conforte dans l'idée d'ouvrir un titre plus imposant. Bref, j'ai envie de connaître un peu plus son oeuvre.