L'amant de lady Chatterley

Publié le par Calliope

Amant Lady ChatterleyAuteur : David Herbert Lawrence
Titre original : Lady Chatterley’s lover
Pays : Angleterre
 Date : 1928
  →

Livre connu surtout pour être érotique et même obscène. A l’époque en tout cas, ça a fait du bruit et il a fallu attendre les années soixante pour que l’œuvre soit publiée sans aucune censure. Aujourd’hui, autre temps autres mœurs,  ces quelques passages ne sont guère choquants.  Plus que l’histoire d’une liaison, c’est surtout celle de la mutation de l’Angleterre qui est le sujet du roman. On sent que l’auteur préférait l’Angleterre rurale et aristocratique, qui évolue avec l’industrialisation. On rase les forêts pour faire émerger les mines autrement plus lucratives.  
La forêt, c’est là où se réfugie Constance pour échapper à Wragby, la demeure de son mari infirme, Clifford. Quand il n’écrit pas des nouvelles pour la célébrité et l’argent, il s’occupe justement des mines de Tavershall. Je pensais avoir pitié de cet homme au vu de son état mais il se révèle finalement antipathique. Il n’y a qu’à voir l’épisode de la voiture embourbée, tout juste ridicule.

Pour en revenir à Constance, elle va entamer une liaison passionnelle avec Mellors, son garde chasse. Elle n’a pas de honte à contrevenir aux convenances, vous pensez bien, avec la différence des classes ! pour se découvrir dans les bras de son amant. Loin de son insipide existence auprès de son mari, elle trouve enfin son épanouissement. Leur aventure est quand même assez spéciale, leurs réactions surtout sont déroutantes.
Quant à Mellors, son passage dans l’armée fait de lui en quelque sorte un gentleman  surtout quand il se met à parler un anglais correct. C’est un peu la voix du narrateur car il est désillusionné par les changements de la région et de ses habitants, raison pour laquelle il vit en solitaire, dans son cottage au fond des bois. Il ne reste plus que la nature pour rester libre.

L’histoire est intéressante mais trop longue, trop lente, l’auteur explicite deux fois sa pensée, sûrement pour qu’on comprenne bien ; d’ailleurs tout est très intellectuel, même la sexualité et l’amour. Peut-être pas ce dont j’avais besoin en ce moment.
La préface de l'auteur résume très bien le ton du texte je trouve. En dehors de ça, l’idée de base est bonne et le roman pas si déplaisant notamment pour ses personnages même si leurs réactions m’ont parfois échappé.

Publié dans A l'étranger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

zarline 07/02/2011 15:09



J'ai lu l'année passée La fille perdue du même auteur et j'avais été un peu déçue. J'avais trouvé que la "psychologie de la femme" de D.H. Lawrence tombait un peu à plat lorsqu'il parlait
d'attirance, d'amour. Ca sonnait juste faux pour moi. Du coup, j'hésite à tenter Lady Chatterley. 



Calliope 08/02/2011 16:23



J'ai lu ton billet sur La fille perdue qui ressemble en gros à Lady Chatterley. Je pense que tu feras à ce roman les même critiques que sur celui
que tu as lu, sur le style notamment. 
A propos de L'amant de L.C. il fait s'opposer l'amour charnel à l'amour cérébral, c'est le point où je ne suis pas trop d'accord car on a besoin
des deux.
C'est plus sur la sexualité de la femme qu'on sent que c'est un homme qui a écrit. L'auteur dit lui-même faire un roman phallique.