Gaston Leroux - La Poupée sanglante, La Machine à assassiner

Publié le par Calliope

Edition : Motifs n°290La poupee sanglante

Pages : 280

Date : 1923

ISBN : 978-2-268-06256-3

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Quatrième de couverture

 

Au moment où Leroux compose La Poupée sanglante (1923), la France est encore sous le choc du procès d'Henri Landru, qui sert de déclic à la genèse du roman. Mais se contenter d'un héros devenu tueur en série par simple cupidité aurait été indigne de l'imagination de Leroux. Il a donc fait du relieur Masson l'instrument d'un grand dessein qui le dépasse : le mystère de la vie et de la mort. Leroux dépoussière les vieux mythes de Dracula et Frankenstein, les débarrasse de leurs artifices gothiques et les modernise grâce à un habillage scientifique. Benedict Masson ne proclame-t-il pas : " De nos jours le vampirisme ne peut être que scientifique..." ?

Une des meilleures oeuvres de Gaston Leroux, trop souvent méconnue au profit des Aventures de Rouletabille ou de Chéri-Bibi.

 

Mon avis

 

J'ai un souci. Je ne sais pas dans quelle catégorie ranger ce roman. Fantastique ? Il est vrai que les événements relatés versent dans le mystère le plus complet : Bénédict, voyeur à ses heures perdues, est témoin d'un meurtre mais voit la victime "remise sur pied" plus tard. Quant à son voisin, le marquis de Coulteray, il est accusé par sa femme, qui affiche une pâleur mortelle, d'être un vampire. Et lui-même, Bénédict Masson, son extrême laideur n'est-elle pas surnaturelle ? Pourtant, tout peut être prouvé grâce à la science et à la raison. Alors... mon avis balance.


A moins qu'il ne s'agisse d'un policier (voire un thriller pour l'ambiance angoissante et une découverte macabre), mais là ce serait raconter la fin, quoiqu'elle se devine facilement. Je parle de fin mais comme la plupart des mystères restent entiers, j'ai appris avec soulagement l'existence d'une suite : La machine à assassiner (avec des titres pareils, comment résister ?).

Oui, tout se devine dans les grandes lignes, le résumé laissant à lui seul assez d'indices. Mais ce n'est pas gênant le moins du monde. On suit avec beaucoup d'attention les aventures du relieur d'art et de la belle Christine qui lui inspire amour et poésie.


En fin de compte, je choisis de ne pas choisir et il fera partie des classiques, trop peu connu alors qu'il mérite franchement qu'on plonge dans cet univers quelque peu effrayant, désespérant et amusant.

 

 

 

Edition : Motifs n°321machine assassiner
Pages : 301

Date : 1923

ISBN : 978-2-268-06680-6

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Quatrième de couverture 

 

Après les aventures décrites dans La Poupée sanglante, la peur s'abat à nouveau sur Paris. Alors que *** a été guillotiné pour avoir tué de nombreuses femmes, les mystères continuent. *** avait toujours clamé son innocence, qu'en est-il maintenant après sa mort ?

La Machine à assassiner est la suite directe de La Poupée sanglante de Gaston Leroux. On y retrouve le même mélange d'aventures, d'intrigues policières, de fantastique que dans la première partie. Et le tout est écrit avec la même poésie noire. Un chef-d'oeuvre injustement oublié.

 

Mon avis

 

Bien entendu, par souci de ne laisser passer aucun spoiler, j'ai remplacé le nom de l'assassin par des étoiles. Ce serait dommage de se gâcher la lecture en connaissant le fin mot de l'histoire. Ca m'est déjà arrivé mais à cause des préfaces que je ne lis plus qu'une fois le roman terminé ; on ne m'y reprendra plus !

 

Un mois et demi s'est écoulé avant que je ne m'attèle à la suite de La Poupée sanglante et c'est avec un réel plaisir que je retrouve les habitants de l'Ile Saint Louis. Un début plein d'humour avec l'effrayante tornade nommée Gabriel qui sème panique et terreur sur son passage. A sa poursuite, Jacques et Norbert qui veulent récupérer Christine, prisonnière de leur poupée devenue machine à tuer.

Le peuple, à mesure qu'il prend connaissance de l'existence de l'automate à travers les articles de journaux, vit dans la peur et la folie collective s'en empare à la moindre étincelle. Quant à la police, elle ne sait plus quoi faire, sauf peut-être M. Lebouc, dit l'Emissaire . Pendant ce temps, les savants se déchirent pour prouver l'existence de cet automate.

Dans cette histoire de fous, la question sur la culpabilité du meurtrier de Corbillères (qui est intrinsèquement lié à l'affaire) se pose. Il est déclaré innocent une fois mort, ça lui fait une belle jambe ! Et une jolie critique de l'auteur sur la guillotine.

Cette fois, il est bien question de fantastique, pas question de tergiverser ! Jacques a voulu jouer à Frankestein et voilà où ça le mène ! L'enquête le ramène à l'histoire de vampires vue auparavant et qui avait un goût d'inachevé. La Machine à assassiner clôt les aventures de Christine et de Jacques et résoud les mystères qui les entouraient et qui sont plus ou moins fantastiques.


Une histoire vraiment géniale, je me suis régalée devant l'écriture de Leroux. Méconnu à la différence du Mystère de la chambre jaune et du Fantôme de l'opéra, ce dyptique mérite vraiment qu'on s'y attarde !

Publié dans En français

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Commenter cet article

A_girl_from_earth 04/06/2010 23:18



Je ne connaissais pas du tout ce titre de Gaston Leroux - ça semble valoir le détour!



Calliope 05/06/2010 10:00



C'est en farfouillant dans une librairie que je suis tombée sur ce titre. J'avais Le fantôme de l'opéra dans ma LAL, mais La Poupée sanglante était le seul titre de l'auteur dans les rayons. En voyant un tel titre, puis le résumé, j'ai tout de suite accroché !