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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 11:10

Auteur : Alexandre Dumas Bragelonne t1
Date : 1847-1850


Je connais bien la prose de Dumas maintenant, pourtant j’éprouve toujours de l’appréhension avant d’ouvrir l’un de ses livres. C’est idiot car j’adore suivre les aventures de mes mousquetaires favoris et que c’est tellement fluide à la lecture que finalement il n’y a aucune crainte à avoir de trouver ça long et ennuyeux. Quoiqu’ il est arrivé de mettre ces adjectifs lors de quelques passages mais dans l’ensemble, c’est bien peu de choses.

Ça commence fort, avec la restauration sur le trône de Charles II par mes préférés Athos le sage et D’Artagnan l’audacieux. Deux façons de faire radicalement opposées mais avec le même résultat : j’adore !
Néanmoins je me suis demandé où étaient passés les deux autres compères. Il a fallu attendre la page 670 pour le savoir ! Aramis est devenu évêque et utilise Fouquet et Porthos à ses fins…
Après l’Angleterre, on s’occupe des affaires de la France, qui a un nouveau roi, à l’aube de son règne : Louis XIV. Il est entouré de Colbert, l’intendant pas très amical et surtout jaloux de Fouquet, le surintendant plus riche  et puissant que le roi.
On sait bien que dans la réalité les deux hommes ont fait des choses pour le pays, mais comme ici, c’est un roman et qu’il faut bien un méchant, c’est le successeur de Mazarin qui se charge du mauvais rôle. Il est vraiment antipathique et ses calculs sournois en font vraiment l’ennemi détestable. J'adore toujours le fait d'être dans l'intimité des grands personnages de l'époque, même si je sais qu'une partie est romancée (merci les notes de bas de pages éclairantes), ça donne vraiment l'impression d'être au coeur de l'histoire, de la vivre.

Un début qui paraît être dans la continuité de Vingt ans après, mais je sens que chacun suit sa voie et que malgré l’amitié, ça ne sera plus comme dans le premier chapitre de leurs aventures. C’est dommage car ça me manque, j’espère qu’on les retrouvera tous les quatre ensemble. Il faut dire qu’après avoir passé tellement de temps avec eux, partagé tant d’histoires, d’aventures, partagé leur vie, de leur jeunesse à leur âge vénérable (ils ont 50 ans bien sonnés maintenant), je les considère comme des amis que je ne veux pas quitter.

Pour la lecture commune, il a été décidé de s’occuper du premier volume, mais je les aime tellement que j’ai décidé de ne pas m’arrêter en si bon chemin. Les 3 tomes bien tassés ne me font plus peur. Et je ne suis pas la seule dans ce cas-là !
Allons voir les billets de A Girl From Earth et Belledenuit (la suite du tryptique dans un mois !)

Bragelonne t2

Le tome 2 se centre essentiellement sur la liaison qui naît entre le roi et La Vallière devenue demoiselle d’honneur de Madame. Il n’empêche, le roi fraîchement marié qui flirtait avec sa belle-sœur et qui tombe amoureux de cette jeune fille, ça attise les jalousies. Beaucoup d’intrigues se forment autour des tourtereaux. Malicorne et Montalais surtout espèrent servir leurs ambitions grâce à cette relation. La Vallière n’a pas fini de s’attirer les foudres de Madame. En même temps elle n’avait qu’à rester avec Raoul. Ah ! Mon Raoul, tu ne la mérites pas, tu pars en Angleterre et te voilà déjà oublié. Avec toi, elle aurait bien moins souffert et aurait eu une position tout aussi digne. Mais voilà, le roi soleil t’a éclipsé (ahah). Hélas tu ne peux rien contre la marche de l’histoire.
 Comme je l’ai dit, c’est la plus grosse partie du tome et je dois dire que parfois j’ai trouvé ça un peu long.

Mes héros disparaissent presque complètement à mon grand regret. On passe l’été avec un tas de courtisans tels que De Guiche toujours transi d’amour pour Madame, ou l’affreux de Wardes qui cherche des noises à tout le monde. De temps à autre on voit Aramis et Fouquet d’un côté qui essaient d’éviter la ruine du surintendant. Mais voilà qu’il doit organiser une fête dans son château de Vaux…
D’artagnan de son côté surgit pour aider les amours de Louis et résoudre ses petits problèmes. Porthos me fait toujours rire, ce qu’il n’a pas dans la tête se trouve dans ses bras et son estomac.

Attend, il faut que je revienne sur Aramis parce qu’en allant à la Bastille, qu’est-ce qu’on y découvre ? Un homme emprisonné dans le plus grand secret pour une ressemblance trop marquée avec une personnalité !!! Je savais qu’il existait bien sûr mais on n’a jamais su qui était ce prisonnier. Ici Dumas l’utilise comme sosie. Et moi qui pensais que le film avec Leonardo était inventé de toutes pièces! Non mais c’est dingue !! Et quand on connaît l’ambition d’Aramis, on a quelques idées sur ses intentions !

Avec tout ceci, le tome trois risque de s’avérer palpitant et riche de rebondissements (mais aussi de drame, au moins avec Fouquet, c’est un épisode bien connu de l’histoire).

N'oublions pas les billets de A Girl From Earth et Belledenuit !!

Aramis est peut-être le plus cachottier, le moins franc des anciens mousquetaires mais c’est celui Bragelonne t3qui fournit la plus belle partie du roman. Qui d’autre que lui aurait pu tenter ce coup audacieux, fou, capable de changer des destinées ? Son ambition démesurée, faiseur de roi et de pape est presque sur le point de réussir mais l’Histoire reprend ses droits. Quel moment incroyable lorsque la supercherie est découverte !

Or à partir de cet échec, au moment où Fouquet et Philippe sont perdus, c’est aussi la fin pour nos vaillants amis. Athos, vieillissant, ressent la douleur d’un Bragelonne inconsolable de la perte de LaVallière qui expiera bientôt son péché, et qui jamais ne sera ce qu'a été son père et ses amis. de son côté, d’Artagnan se voit obligé de poursuivre ses amis rebelles jusqu’en Bretagne. Et c’est à Belle-Ile, au déchirant chapitre CCLVI que je ne nommerais pas, que j’ai versé des larmes. C’est toujours dur de quitter des personnages si chers même ceux qui paraissent un peu moins importants et qui se révèlent alors dans une grandeur et une beauté sublime. Et de savoir que Aramis n’a jamais cessé d’aimer ses amis en dépit de ses intrigues.

Puisqu’il n’y a plus rien à craindre pour le roi soleil bien assis sur son trône et Colbert qui règne sur les finances, devenu bon depuis qu’il n’a plus d’ennemi à haïr, il ne reste plus rien à attendre de cette époque qui ne ressemble plus à ce que les héros ont connu dans leur jeunesse. 
Je ne vais pas trop raconter la fin si ce n’est que quitter des personnages légendaires qu’on a accompagnés pendant 2438 pages qu’elles soient trépidantes, drôles ou bouleversantes donne un gros pincement au cœur.
Avoir marché à la rencontre de tant de grands personnages qui appartiennent à la  royauté ou qui l'on cotoyé comme Fouquet (surtout que j'ai (re-)visité très récemment Vaux), La Fontaine ou Molière (qui donne avec Porthos un passage des plus comiques), être entrée dans les plis de l'histoire de France (même si parfois j'ai regretté qu'elle soit prépondérante sur les aventures du quatuor) fut un grand bonheur porté par une belle plume.

Ainsi se termine pour moi la belle aventure tandis que pour Belledenuit et A Girl From Earth, il en reste encore à découvrir les morceaux les plus douloureux.

Publié dans : En français - Laisser un p'tit mot - Lire les 6 p'tits mots
Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 08:52

C'etait DemainAuteur : Karl Alexander
Titre original : Time to Time
Pays : Etats-Unis
Date : 1979
→ 

Nous sommes en 1893, à Londres. H.G. Wells montre à de proches amis sa nouvelle invention nommée Utopia : la machine à explorer le temps. Or, dans son auditoire se trouve Leslie John Stephenson alias Jack l’Eventreur. Pourchassé par la police, il n’hésite pas à utiliser la machine pour s’enfuir… en 1979 !
Avec ce genre de préambule un peu dingue, j’étais tentée d’en savoir plus sur la course poursuite entre le meurtrier et l’écrivain dans un XXe siècle très perturbant. C’est assez amusant de voir Wells s’extasier à tout bout de champ devant les voitures, la tv, les distributeurs de boissons ou encore Penthouse. Mais il est pétri de bons sentiments, d’une naïveté sans bornes, bref trop gentil. Stephenson, lui, est animé des pires intentions, dans une époque violente qui lui correspond totalement. Des personnages manichéens donc, avec une histoire plutôt prévisible, que ce soit l’évolution de la relation entre Amy et Wells, tout comme le combat final entre les deux hommes suivi d’une conclusion morale sur les dangers de la technologie.
Un petit roman (250 pages) plaisant en dépit de ces défauts pour passer une journée lecture toujours  au soleil.

Publié dans : Fantastique - Laisser un p'tit mot - Lire les 0 p'tits mots
Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 08:50

Lady SusanAuteur : Jane Austen
Pays : Royaume-Uni
Date : 1871


Après avoir vu le biopic sur Arte de Julian Jarrold (Becoming Jane), j’ai eu envie de me plonger dans le dernier livre que j’ai d’elle. Un tout petit roman épistolaire qui se lit en une après-midi au soleil.
Lady Susan Vernon est une coquette. La pire d’Angleterre. Cette veuve passe son temps à séduire les hommes qui lui passent sous le nez au lieu de s’occuper de sa fille Frederica.
Après avoir fait du scandale chez les Manwaring, elle se réfugie chez son beau-frère à Churchill. Sa femme, Mrs Vernon, se méfie d’elle et se désespère de voir son frère Réginald, bien que prévenu de l’attitude de cette femme, tomber dans ses filets.

Depuis Les Liaisons dangereuses, je n’avais pas revu de forme épistolaire. Décidément j’aime beaucoup et je devrais en lire plus. Ici, ce sont surtout des femmes qui écrivent à l’exception de Reginald (et de son père pour une unique lettre). Catherine Vernon confie ses appréhensions à sa mère et Susan se montre sous son vrai visage quand elle écrit à son amie Mrs Johnson qui a l’air d’être légère également. J’ai adoré détester cette femme sans scrupules, manipulatrice et séductrice.
C’est dommage que le roman finisse de façon abrupte en laissant cette forme épistolaire pour passer en une conclusion rapide où on se doutait évidemment du dénouement. C’est du Jane Austen n’est-ce pas. Mais je lui pardonne s’agissant de l’un de ses premiers écrits.
Trop court mais qu’est-ce que ça fait plaisir de lire du Austen !

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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 08:36

chroniques martiennesAuteur : Ray Bradbury
Titre original : Martian Chronicles
Pays : Etats-Unis
Date : 1950
→ 

Les chroniques rassemblent plusieurs nouvelles qui forment une histoire de la tentaive de colonisation martienne entre 2030 et 2057. De ce fait, il y a beaucoup de récits divers, aux tons différents, mais tous reliés les uns aux autres par cette nouvelle terre à conquérir.

Conquête difficile car les Martiens ne se laissent pas envahir facilement et il faudra 4 missions (et autant de nouvelles) pour voir enfin s’établir les premiers hommes sur cette planète, nouveau Nouveau-Monde.  Les Martiens disparaissent, victimes de maladie terrienne Tout ceci rappelle inévitablement l’arrivée des premiers colons en Amérique : pas étonnant que ce soit eux qui arrivent sur Mars en premier.

 C’est pourtant un peuple fascinant, doué de télépathie et au patrimoine incroyable. Je comprends que Spender refuse que les hommes puissent venir souiller ce territoire antédiluvien aussi riche. Et à la place seront construites des ersatz des villes qu’ils auront laissés derrière eux.
Les hommes eux, espèrent fuir la Terre, ses injustices et ses terreurs de guerre nucléaire.  

Les chroniques brassent énormément de thèmes (la mort, la religion, le fantasme, la réalité, la peur, l'espoir, j'en passe et des meilleures) et tour à tour, émeuvent, effraient, font rire ou réfléchir sur la condition humaine.

J’ai particulièrement aimé Ylla qui a rêvé des premiers Terriens qui succomberont sous la jalousie et Usher II (qui bien entendu reprend la Chute de la maison Usher) qui préfigure Fahrenheit 451.
Rien dans ce recueil n’est à jeter, tout est superbe, en dépit du déclin inéluctable d'une civilisation. A lire et relire !
(je spoile un petit peu, puisque je dois être l'une des dernières à avoir lu ce classique !)

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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 10:20

Deux colleges de magieAuteur : Caroline Stevermer
Titres originaux : A College of Magics & A Scholar of Magics
Pays : Etats-Unis
Date : 1994 & 2004
→ 

Deux collèges de magie offre deux histoires liées par ces monuments que sont Verteloi en Normandie et Glasscastle en Angleterre. Ces lieux renferment la magie et paraissent presque vivants tout en exerçant sur les personnages une forte attraction.

Tout d’abord, Verteloi où se rend Faris, duchesse du Galazon (c’est quelque part en Europe centrale).  L’endroit ressemble à un pensionnat, on y enseigne tout ce que des jeunes filles bien élevées doivent savoir. Mais le petit plus, c’est le cours de magie. Très théorique puisqu’il est interdit d’en faire. Dans ce monde du début du XX
e
, l’existence de la magie est acceptée par tous  mais elle est peu utilisée. Et quand elle l’est, c’est assez peu spectaculaire.
Faris est donc le personnage principal, sympathique, si l’on peut dire, car elle a tendance à céder à la colère. Il faut dire qu’avec un oncle qui voudrait garder le contrôle de sa région chérie, il y a de quoi être sur les nerfs. J’aime beaucoup la relation entre les personnages, les propos sont souvent ironiques et acides. D’ailleurs la championne toute catégorie est bien Jane, la camarade de Faris qui l’aidera à assumer la mission qui lui incombe. C’est elle qui fait le plus usage de magie et récolte des migraines.  Ce que j’aime le plus, ce sont vraiment les dialogues, que ce soit le ton comme je l’ai dit ou le style. C’est vraiment de cette manière que j’aimerais écrire et m’exprimer.

La seconde histoire se passe donc en Angleterre où Samuel Lambert, un Américain (ça sonne pas vraiment américain à mon goût mais passons) est invité à faire des tests pour les sociétaires de Glasscastle. Pensionnat pour garçon de bonne famille fortunée, qui comme Verteloi possède sa magie. Là où le collège normand se base sur l’individualité des étudiantes, les Anglais ont une conception de la magie communautaire. Ça se traduit par des chants ininterrompus psalmodiés par les disciples. Si l’endroit est aussi beau que Verteloi, Lambert est fasciné, les gens qui l’occupent sont d’un condescendant ! Notre héros s’est lié d’amitié avec Fell qui passe ses journées à étudier et à faire des calculs. Pourtant il est en danger et Lambert devra s’allier avec Jane (et oui ! on retrouve notre piquante et moderne Anglaise) pour comprendre qui lui en veut et s’il y a un rapport ténu avec le projet Azincourt auquel Lambert participe.
Si au début j’ai regretté de ne plus retrouver Faris (quoiqu’elle soit évoquée) et d’autres personnages, cette seconde aventure vaut la première et on s’attache à ces nouveaux protagonistes.

Le gros point noir, ce sont les trop nombreuses coquilles qui sont à déplorer. 2, 3, passe encore, mais plus d’une dizaine donne  mauvaise impression. C’est dommage car l’édition est belle.

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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 10:31

Mécanique du coeurAuteur : Mathias Malzieu
Date : 2007
→ 

Avec un scénario tout à fait banal, Malzieu réussit à transformer cette histoire d’amour en douce balade pleine de poésie. Beaucoup d’images parsèment le texte montrant une belle imagination aux accents burtoniens et une jolie plume agréables à suivre. Un roman très court qui raconte donc la vie de Jack, né au cœur d’un rigoureux hiver, à tel point que son organe palpitant gèle. Seul moyen de le maintenir en vie : lui greffer une horloge. Elevé par son accoucheuse, mi-mécanicienne, mi-sorcière, mi-doctoresse, il grandit parmi les cabossés de la vie. C’est alors qu’il rencontre Miss Acacia, petite chanteuse andalouse (qui fait furieusement penser à Olivia Ruiz, d’autant plus qu’elle est citée dans les remerciements) qui lui retourne  les aiguilles. Dès lors, il n’a de cesse de penser à elle. Hélas sa mère adoptive lui interdit d’aimer sous peine de succomber aux élans mortels de son coucou.
Pour ajouter à ce problème cardiaque, il se découvre un rival qui n’accepte pas que cet avorton handicapé du cœur puisse prétendre aux faveurs de Miss Acacia.
Jack s’affranchit des interdits et traverse l’Europe pour retrouver sa chanteuse : il fera des rencontres spéciales  (Jack l’Eventreur et Méliès) et fera tout pour conquérir sa dulcinée.
Bien sûr, pas de roman d’amour sans chagrin et si ici, le conte est merveilleux, il est aussi triste et amer.
Ce n’est pas un coup de cœur mais une belle découverte venant d’un artiste polyvalent, et c’est plus sa plume que j’ai apprécié que l’histoire quoiqu’elle touche à des sujets intéressants (les tourments de l’amour, la différence…). A suivre donc.

Publié dans : En français - Laisser un p'tit mot - Lire les 0 p'tits mots
Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 18:13

Auteur : Jirô Taniguchi Quartier lointain
Titre original : Harukana Machi-E
Pays : Japon
Date : 1998 -1999
  

Bouleversant, remuant, poignant… Je manque de synonymes pour dire à quel point ce manga m’a tourneboulé. Comment un récit de vie aussi ordinaire se révèle plein d’émotion pure et de beauté ?

Hiroshi est un homme plus préoccupé par son travail et l’alcool que par sa famille. Par un hasard extraordinaire, il se trompe de train et se retrouve dans son village natal qui a bien changé en trente ans. C’est l’occasion de faire remonter les souvenirs et les blessures d’enfance.
Comme c’est un manga, le fantastique n’est jamais loin : Hiroshi se retrouve soudain projeté dans le passé, à l’âge de 14 ans ! Au début c’est l’incompréhension : rêve, folie ? Ou nouvelle chance de changer le cours du destin ?
Hiroshi accomplit mon rêve : remonter le temps ! Déjà, un gros point positif. Et profiter de son expérience pour revivre son enfance en mieux. Je l’envie à un point inimaginable. C’est surtout pour cela que j’aime ce manga mais pas que !
Le quotidien de la famille Nakahara est banal, rythmé par le travail, l’école mais il y a aussi les secrets, le passé douloureux, les regrets, les rêves avortés… mais c’est raconté d’une si belle façon… Récit doté d’un dessin magnifique où les sentiments sont extrêmement bien retranscrits : on voit, on sent l’émotion qui submerge Hiroshi (et la lectrice par la même occasion) quand il retrouve sa famille, unie et vivante. C’est l’un des moments forts avec bien sûr la fin qui m’a chagriné mais la seule possible.
C’est tellement facile de s’identifier, de faire partie de la vie des personnages, que dis-je, de ces personnes, de partager leurs sentiments. Un moment splendide, si simple, si doux, si fort.
J’ai refermé ce manga avec des larmes dans les yeux et un sourire sur les lèvres. Chef-d’œuvre.

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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 19:55

Auteur : China Miéville  The City and The City
Pays : Royaume-Uni
Date : 2009


Ce livre jouissant d’une bonne réputation, je me suis laissée tenter par l’aventure. Auteur inconnu pour moi jusque-là, je dois dire que j’ai été très étonnée par ce que j’ai découvert.
Si l’histoire est digne de tout bon polar qui se respecte, la partie fantastique est on ne peut plus originale. Imaginer deux villes qui s’emboîtent parfaitement, deux mondes différents mais unis géographiquement et surtout tenir le tout de façon cohérente (je pense principalement à la conduite en voiture), ça mérite de gros applaudissements. 
Ce qui m’a plu aussi c’est la langue. Bon, ok, c’est de la traduction ici, mais les inventions sont bien vues et nombreuses. Le seul truc qui m’a chiffonné, c’est le rappel constant que les deux villes se superposent et qu’il faut bien faire attention à rester du bon côté. Au bon d’un moment, ça va, on a compris le truc, pas la peine de rabacher, on sait que c'est important.

 Pour ce qui est de l’enquête, elle tient ses promesses, mystères autour de la victime, énigmes qui touchent les plus hautes sphères, duos complémentaires, milieux divers… L’enquête sert de prétexte pour découvrir la ville double, son fonctionnement, son histoire, et ses secrets surtout : qui se cache derrière la Rupture ? La grande question qui taraude tout du long. On ne la voit jamais mais elle est présente dans tous les esprits, à chaque instant. 
Un univers inattendu et étonnant à découvrir qui vaut vraiment le détour.

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